La détention est prolongée jusqu’au 9 mars.

Le procès commencera le 26 janvier au tribunal de la ville de Bogdanovitch.

Par conséquent, la défense sera contrainte d’y venir régulièrement.

La défense a déjà déposé les appels à la Cour Européenne des Droits de l’Homme,

pour casser deux décisions de détention illégale, annulées par la suite par la Cour de région.


Le soutien de l’étranger et des défenseurs des droits de l’homme de Moscou porte implicitement ses fruits. Alexéï Sokolov ne subit pas de pressions physiques ou psychologiques. Après l’intervention de l’attaché pour les droits de l’homme auprès du président de la Fédération de Russie, Loukine, Sokolov a été transféré dans une meilleure cellule. Il a reçu beaucoup de lettres de soutien suite à la campagne d’Amnesty. Ses lettres avaient été retenues, mais après plusieurs rappels et menaces de Goulia Sokolova, ont été rendues à Alexéï.

Demandes d’aide et de soutien de la défense de Sokolov :

  1. Dans la mesure où les avocats d’Alexeï Sokolov vont fonder leur argumentation sur le lien avec l’activité de Sokolov en tant que défenseur des droits de l’homme, ils ont besoin de documents qui attestent (sur le plan juridique) que différentes structures françaises , européennes et internationales (associations, partis, syndicats, ONG, etc) le considèrent comme un prisionnier politique. Roman Katchanov (son avocat) souhaite que ces documents soient signés et tamponnés pour ensuite lui être adressés (Roman Katchanov romankachanov@mail.ru) , ainsi qu’au tribunal de la ville de Bogdanovitch(Le tribunal de la ville de Bogdanovitch dans la région de Sverdlovsk fax: (34376)2-21-30). D’autres lettres peuvent également être adressées au nouveau gouverneur de la Région de Sverdlovsk, Alexandre Micharine à l’adresse suivante :
    Alexandre Micharine
    Gouverneur de la Région de Sverdlovsk

    EKATERINBURG, Street Gorkogo, 21
    Tel : (343) 2178622 (343) 2178624
    Fax: (343) 2178777

  2. Alexeï Sokolov et sa famille ont un besoin urgent de soutien financier pour pouvoir assurer les frais du procès qui va débuter. L’avocat Katchanov travaille actuellement gratuitement. La femme d’Alexeï Sokolov estime à 5 000 euros par mois les dépenses que vont engendrer le procès (dès janvier). Pour toute aide financière, vous pouvez vous adresser au comité Sokolov (comite.sokolov@gmail.com) ou envoyer vos chèques à l’ordre du « Comité Tchetchenie de Lyon » (32 rue Burdeau 69001 Lyon) qui se propose de centraliser les envois pour réduire les frais, ou sur le compte d’Alexeï Sokolov lui-même (Le compte d’Alexéï Sokolov : Banque OAO « SKB-bank » ; Cpte à vue no 42301810815201245076 ;Compte loro 30101810800000000756 ; BIK 046577756).
    .

Tensions entre les associations locales et le niveau fédéral et international.

A cause de l’implication des défenseurs internationaux et moscovites des droits de l’Homme dans l’affaire Sokolov, l’association Soutiajnik a remis en question sa participation à la défense d’Alexéï. C’est Soutiajnik qui avait soumis auparavant la candidature de Sokolov à la Chambre civile, après l’arrestation, il accueillait le dossier Sokolov sur le site et Roman Katchanov, avocat d’Alexéï, était un avocat employé dans Soutiajnik. Le président de l’association a menacé Sokolov de lui retirer son mandat d’observateur civique de la Chambre sociale. Il avait notamment l’intention de retirer la lettre de recommandation de l’association qui accompagnait les documents de candidat. Or, ni l’association, ni la Chambre sociale ne sont pas en mesure de priver l’observateur de son mandat. La validité de ce dernier peut être clos qu’en cas de condamnation de la personne. Alexéï n’étant pas condamné, son mandat est suspendu.

L’association Soutiajnik a également menacé Roman Katchanov, avocat de Sokolov, de le licencier si celui-ci se résolvait à poursuivre l’affaire Sokolov. Katchanov est licencié et travaille pour la défense d’Alexéï sans garantie d’être rémunéré. Le dossier Sokolov est retiré du site de Soutiajnik. Désormais, tous les documents juridiques sont déposés sur la page personnelle de l’avocat Katchanov.

Goulia Sokolova considère que cette volonté de Soutiajnik de restreindre l’affaire Sokolov à la région coïncide avec les envies de l’attaché pour les droits de l’homme de la région Merzliakova Tatiana. Cette dernière continue à entretenir une double posture dans les questions de défense des droits des prisonniers, y compris politiques. D’une part, elle affirme à la défense d’Alexéï qu’elle « suit l’affaire ». D’autre part, elle essaie de créer autour d’elle un cercle de « défenseurs des droits de l’homme » professionnels, c’est-à-dire ceux qui ont été choisis pour profiter de financements réguliers de la part de l’État, dans le cadre de la « société civile » étatique mise en place par Medvedev. Cette tendance se répercute, comme on l’a déjà vu, par la mise à l’écart et la criminalisation du reste d’organismes de défense des droits de l’Homme ou de défenseurs individuels.

Ainsi, une réunion officielle mais quasi-secrète a été organisée par Tatiana Merzliakova pour accueillir Heidi Hautala, présidente de la Sous-Commission des Droits de l’Homme et membre de la Commission des Affaires Etrangères au Parlement Européen. Parmi les représentants de la « société civile », présents à la réunion, on pouvait voir le défenseur des droits de l’Homme du Système de l’exécution des peines, le président de Soutiajnik et la présidente de la commission civique d’observation des lieux de détention dans la région. Ces derniers ont essayé d’écarter d’autres représentants de cette même commission ainsi que d’autres défenseurs. Ils ont également pris position par rapport au film « La fabrique des tortures », accusé notamment d’être mis en scène. A la question de Heidi Hautala concernant Alexéï, Stepanova, présidente de la commission civique de la région, ainsi que Merzliakova ont répondu que son arrestation n’avait rien à voir avec la défense des droits de l’homme et puise ses sources uniquement dans l’activité « criminelle » de Sokolov.

L’attaché pour les droits de l’homme auprès du président de la Fédération de Russie, Loukine, a eu une entrevue avec le nouveau gouverneur de la région de Sverdlovsk, Micharine, et le procureur général de la FR, Tchaika Iouri. Selon Goulia Sokolova, Loukine aurait conseillé le gouverneur de la région de Sverdlovsk de « chercher un compromis », car « l’affaire est poussée trop loin » et il défendrait l’idée d’une peine minimale (5 ans) pour les crimes dont Alexéï est accusé. Il est accusé de trois « délits » en même temps.

La commission civique de l’observation des lieux de détention dans la région de Sverdlovsk n’a pas pris de position officielle. Une lettre de soutien à Alexéï Sokolov a été signé en septembre par des membres des commissions civiques de différentes régions. La Chambre Sociale qui délivre les mandats des observateurs a pris parti de Sokolov: la participation dans l’affaire de Sokolov de l’avocat Henri Reznik s’effectue au nom de la Chambre Sociale.

Défense des droits des prisonniers

L’action de la commission civique de l’observation des lieux de détention dans la région de Sverdlovsk est paralysée. Alexéï Sokolov est arrêté, Dmitri Rozhine est poursuit en justice (il s’est retiré de l’action militante), Vladimir Chakléine continue les visites dans les prisons et colonies, mais il a du mal à l’assurer seul. Les membres de la commission se rendent en prison suite à des lettres des détenus attirant leur attention sur la violence de leurs droits. Après la visite de deux membres de la commission Manapova et Stepanova (présidente de la commission) dans la colonie d’Ivdel’, les détenus ayant rédigé les lettres ont été réprimés.

L’action du Comité « Fondement juridique » est momentanément arrêtée après son arrestation. Ses membres ont été menacé dès le mois de mai, soit par l’intermédiaire du policier du quartier, soit par leurs employeurs. Goulia Sokolova témoigne des pressions qu’elle a subies de la part de Tatiana Merzliakova dans la période mai-juin 2009. Avant son arrestation Alexéï lui-même préparait une manifestation pour les jours des sommets internationaux à Ekaterinbourg. Après son arrestation, sa défense avait l’intention d’organiser une manifestation dénonçant les événements récents. Merzliakova, attaché pour les droits de l’homme dans la région de Sverdlovsk, a demandé à Goulia Sokolova de faire en sorte qu’il y en ait le moins de participants possibles en promettant la libération d’Alexéï. Il reste incompréhensible de savoir comment Merzliakova, supposée représentante des défenseurs des droits de l’homme, pouvait avoir la certitude que Alexéï serait libéré le cas échéant. Alexéï comptait également organiser en été 2009 des conférences publiques autour du problème de la torture. Des accords avaient été conclus à cette fin avec l’appareil de l’attaché pour les droits de l’homme de la Fédération de Russie et avec la Chambre Sociale.

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